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05/01/2012

Liseuse

        Finies les parures de fêtes, hier j’ai définitivement rangé les décors du sapin et les santons de la crèche. Le temps des agapes est révolu,   bulle de réjouissances crevée, parenthèse refermée, nous sommes rendus de force aux soucis d’un quotidien drapé dans sa morosité…

 

 

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- Tiens, tu donnes dans le flashy, maintenant ?

- Eh oui, le  High-tech tout  gris, ça ressemble aux couleurs de ce début d’année: de l’énergie dépourvue d’optimisme… Alors, puisque Papa Noël a  finalement déposé dans mes pantoufles MA liseuse,   la couleur Barbie de l’étui ajoute  cette pointe de fantaisie qui enveloppe les rêveries insouciantes et frivoles, enfin !!!…

 

- Ça ne te ressemble pas, m’a soufflé Nouchette, tu ne vas pas abandonner les vrais livres, les pages qu’on tourne, la couleur du papier, les formats d'éditions…

- Sans compter les libraires qui risquent d’y perdre plus que leurs âmes…

 

Un paradoxe de plus à assumer, cette liseuse me tentait bien. Depuis quelques mois, je furetais volontiers un peu  partout en quête d’avis au sujet de  ces tablettes miraculeuses. Pensez, des centaines, des milliers de livres à mots ouverts sous le miroir translucide d’un objet plus léger qu’un livre de poche !

Passant par l’une des enseignes spécialisées en produits High-tech, j’ai comparé de visu les dispositifs proposés. Effectivement, les tailles d’écran,   leur système d’éclairage, l’exclusivité de la fonction… Quel dilemme ! Sans compter l’accès à la bibliothèque numérisée, l’étendue des données…

J’ai lu chez certaine geek audacieuse, que je fréquente parfois sur la blogosphère, une sourde rébellion contre les e-biblothèques, érigées en forteresses détentrices de droits et de formats et  qui rendent leurs adeptes aussi prisonniers que ma p’te pomme  et l’infernal itunes. Mais  la  question déborde largement les querelles  de domaines réservés.

Les livres téléchargés via une plateforme électronique coûtent en moyenne 2/3 du prix d’un livre en version papier. Formidable pour tous les gros consommateurs, la différence de prix est substantielle. Le temps de téléchargement est ridicule, quasi instantané avec la liseuse que j’ai choisie, et donc j’ai le pouvoir de détenir une  bibliothèque universelle… Sans compter la gratuité concernant les œuvres des écrivains tombées dans le domaine public :  Tout Hugo et tout  Balzac archivés le temps d’un clic. Ça donne envie de relire Loti,   Jane Austen, Gide et Queffelec (Henri). Tiens, lui, il est passé de mode, il n’apparaît pas dans le répertoire du site.

 

Mais pour tous nos contemporains, qu’en sera-t-il en effet des droits d’auteur ?

Comment la filière de l’édition va-t-elle faire face à   un marché qui a explosé cette année , comme en témoigne le volume des ventes de tablettes.

Entrevue dès 2004, la bataille juridique fait rage, de Princeton à Bruxelles, on réfléchit sur les droits des auteurs, les exigences éditoriales, les structures de l’accès à la numérisation.

Pour ma part, comme le suggérait Nouchette, je ne me vois pas renoncer totalement au contact physique du livre. Mais je sais aussi que nous ne cessons d’évoluer. Il y a vingt ou trente ans, nous n’imaginions pas l’omniprésence du téléphone portable dans nos vies. Aujourd’hui, Allo compte parmi les premiers mots de Mathis … 

Encore une fois, c’est à chacun de  nous qu’il revient de faire la part des choses: réserver la liseuse électronique aux œuvres plus anciennes, et il n’en manque pas ; continuer de rendre visite à la librairie du quartier en préservant  la solidarité du lien humain dans notre environnement géographique.

Le débat est ouvert, la solution  nous appartient. Ce monde où nous vivons, après tout est le nôtre.

N’empêche, elle est pas belle ma Kindle ????

 

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