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04/03/2008

Alerte aux processionnaires !

Avec la douceur de ce début Mars, nos activités horticoles se réactivent. GéO a entrepris d’améliorer encore son chauffage de piscine, je reviendrai ailleurs sur ses astuces et leur mise en place.
Ce matin, il entrouvre brusquement la porte du bureau où j’essaie de mettre un peu d’ordre, et m’enjoint de descendre séance tenante :
- Lâche tout de suite ce que tu fais et suis-moi !
Faute d’explications complémentaires, je quitte derechef la pièce et suis mon guide, du rythme alerte et militaire qu’il m’impose, jusqu’au bord de la piscine. GéO stoppe d’un signe du bras notre avancée, et notre petit escadron tombe en arrêt sur un mince ruban ondulant sur le pavement. Issu de la plate-bande gazonnée qui borde la piscine, celui-ci se dirige manifestement vers la bâche bleue qui recouvre le bassin durant la morte-saison.

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En remontant la bande sinueuse vers sa source, nous découvrons au milieu de l’herbe maigre un amas grouillant tout à fait répugnant, réel danger mortel pour notre petit peuple. L’année dernière, la petite chienne de nos voisins a été sauvée de justesse par Lydie, la véto de St Max. Bambou n’avait pu résister à la tentation de jouer avec le serpent ondoyant qui traversait le terrain et fort heureusement Marie-Ange s’était immédiatement alerté en l’entendant gémir, bavant de la mousse. Depuis, nous y sommes attentifs et la première réaction de GéO a été d’enfermer Zuko sur la terrasse, afin de lui éviter pareille mésaventure.

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Comme on peut l’observer sur les photos, la chaîne produite par les processionnaires est exemplaire : elles se tiennent l’une à l’autre en alignement régulier et parfait, comme les maillons d’un collier, par un mince fil de soie qui les maintient en contact. Pour en savoir davantage sur les mœurs de ces redoutables visiteuses, et apprendre à s’en défendre, je vous convie à vous connecter sur le lien ci-après, qui me semble très clair et précis.
http://jpgallou.free.fr/chenilles.html.
JP Gallou recommande de détruire les œufs dès la ponte en fin d’été, ou les larves tant qu’elles colonisent les branches basses des pins qui les hébergent, ce qui est possible donc plus tôt en saison. À Saint Gilles la semaine dernière, nous avons trouvé un de ces nids sur la branche basse d’un petit pin, et Daniel, se munissant de pinces métalliques, a pu déloger le nid et le détruire dans la foulée. Ce matin, il n’est plus temps manifestement, et notre surprise n’est pas tant de contempler la colonne que de constater comment elles émergent de leur nid souterrain. Il faut porter un regard attentif sur le pourtour du monceau principal pour distinguer « l’accouchement » des chenilles, qui se créent chacune leur propre trou d’émergement. Comment s’est constitué le premier regroupement de centaines d’individus tel qu’il apparaît sur la photo, je ne sais pas. Mais je suis fascinée par le frémissement de la surface de terre, prélude à la sortie d’insectes beiges minuscules, ailés me semble-t-il et munis de pattes, qui se faufilent rapidement au milieu des brins de végétation, laissant surgir à leur place la chenille, en position verticale, qui s’extirpe en quelques convulsions, d'où me vient l'image d’accouchement . Une fois que l’insecte s'est hissé hors de son trou, impossible de distinguer l’orifice de sortie ! Voilà ce qui m’ébahit le plus, cette émergence ex-nihilo, disparition totale des traces. Si vous n’êtes pas miraculeusement présent au bon moment, rien ne pourra vous laisser deviner leur présence ; D’ailleurs, depuis combien de temps habitent-elles au bord de la piscine, elles aussi ? Si j’en crois JP Gallou, ce pourrait être un cas de colonisation clandestine à longue durée, et de penser que nous avons marché pieds nus sur ce gazon hirsute pendant tout l’été puis l’automne, alors qu’elles étaient peut-être tapies juste en dessous me fait frémir !

Impossible de laisser ces bestioles poursuivre leur chemin, quel que soit leur but, et les pulsions qui guident leur errance. Notre ami Hans a été l’an passé victime de leur pouvoir urticant, faute d’avoir porté des gants de jardin au moment du nettoyage de printemps. Il a souffert de démangeaisons et de brûlures conjonctives pendant plusieurs semaines, nous ne prendrons pas ce genre de risques. Comme GéO l’a déjà imaginée, notre solution passe par le feu. Impressionnant et barbare, mais efficace.
Au garage, GéO remplit une bouteille d’alcool, munie d’un bec de sa fabrication. Je confectionne une torche dans une feuille de papier journal, et nous nous préparons à allumer ce mini- bûcher expiateur. Sur le pavement autour de la piscine, la colonne s’enflamme très rapidement, et nous assistons, peu fiers, à l’agonie de nos ennemies qui se tortillent lamentablement sous l’effet des flammes. Implacable, GéO arrose le gros nœud qui continue de grossir de minute en minute : il y a là-dedans plus d’une centaine de ces chenilles qui, dans une immense cohue, s’apprêtent à rejoindre leurs congénères.

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Bourreaux méticuleux, nous entreprenons de ratisser et balayer le carnage, et c’est alors que nous constatons la poursuite de l’invasion. À mesure que nous nettoyons l’herbe de ces cadavres, les frémissements annonciateurs de nouvelles « naissances » reprennent et sur un périmètre élargi, les sentinelles émergent, ouvrant la voie à de nouvelles créatures boudinées dans leur robe larvaire. À cet instant, dans ce jardin méditerranéen à peine éveillé de son assoupissement hivernal, naît un sentiment complètement dissonant, une sorte de vécu « gore », l’attaque des processionnaires contre le monde résolument civilisé et policé de vos amis GéOde. Serons-nous vainqueurs des affreuses intruses ? Pour mettre fin à cet insoutenable suspens, rendez-vous dans les prochaines rubriques jardinages…

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